La droite attaque à nouveau les retraites des infirmières et des enseignant·e·s

01 Juin 2021

Caisse de pensions de l’Etat de Genève (CPEG) : La droite attaque à nouveau les retraites des infirmières et des enseignant.e.s et place une bombe financière à retardement

La droite (PLR, PDC et UDC) se retire des discussions sur le budget en déclarant qu’il faut faire payer aux assuré.e.s de la CEPG le déséquilibre budgétaire. En essayant de reprendre d’une main ce qu’elle a été obligée de donner de l’autre, la droite veut modifier la répartition des cotisations de la CPEG entre les employeurs et les assuré·e·s (de 2 tiers/1 tiers à 52%/48%).

  1. La votation populaire du 19 mai 2019 a sauvé les retraites des infirmières et des enseignants en permettant de construire des logements soustraits à la spéculation. La loi 12228) a permis une recapitalisation de plus de 5 mia de frs, avec la possibilité pour la CPEG d’acquérir des terrains en contrepartie. Ce projet a été préféré par le peuple à un autre, qui péjorait les rentes. La recapitalisation était devenue nécessaire : 1) par un changement de la loi fédérale, 2) par des choix faits par la droite depuis les années 1970 (capitalisation partielle) et 3) par la baisse des rendements sur les marchés financiers (taux négatifs). A peine deux ans plus tard, et en méprisant le vote populaire, la droite essaie à nouveau de péjorer les retraites des infirmières et des enseignant.e.s ; pire encore, ses propositions creuseront un nouveau trou financier supérieur à 1 milliard de frs !   
  2. Cette attaque contre les pensions et les salaires des infirmières et des enseignant·e·s est particulièrement scandaleuse en une période de pandémie, pendant laquelle le personnel hospitalier était en première ligne et a suscité l’admiration de toute la population. Pour toute récompense, la droite veut leur baisser le salaire!
  3. Mais il y a plus grave. Cette nouvelle répartition des cotisations ouvrirait un trou béant dans les comptes de la CPEG, qui viennent d’être rétablis suite à la votation populaire du 19 mai 2019.  

Pendant la campagne de votation, la droite avait essayé de faire passer un autre projet, qui aurait été payé en grande partie par les assurés eux-mêmes, et en particulier par les jeunes, au mépris des engagements pris par les gouvernements de droite depuis 40 ans. La capitalisation partielle de la CPEG provient en effet d’un choix fait par des magistrats radicaux (aujourd’hui PLR) et PDC au tournant des années 1980[1].Ce choix a évité à l’Etat – et donc aux salarié·e·s contribuables – de payer des milliards pour capitaliser les caisses de retraite des fonctionnaires à 100%, en période de forte inflation[2].

Aujourd’hui, la proposition de la droite de changer la répartition des cotisations de 2/3 employeur -1/3 assuré à 42%-58% aurait pour conséquence que les personnes quittant la CPEG avant l’âge de la retraite – très nombreuses, notamment dans le secteur hospitalier – recevraient une prestation de libre-passage beaucoup plus importante qu’aujourd’hui.

La caisse de pensions doit en effet ajouter environ l’équivalent du montant de la cotisation propre de l’assurée, en cas de départ anticipé. La conséquence : un trou immédiat dans les comptes de la CPEG, supérieur à un milliard de francs !

  • La droite place ainsi une bombe financière à retardement : elle avait fait campagne en 2019 contre la loi 12228, issue d’une initiative de l’ASLOCA, de la gauche et du MCG, « Sauvegarder les rentes en créant du logement ! » en prétendant faussement que la loi 12228 nécessiterait « dans quelques années une nouvelle recapitalisation»[3].  Moins de deux années après le vote du peuple qu’elle méprise, la droite rend sa prophétie auto-réalisatrice : en effet, en adoptant la modification de la répartition des cotisations, le taux de couverture de la CPEG diminuerait d’environ 1.2 mia de francs d’ici à 2052 !
    Ainsi, non seulement les assurés devraient payer plus mais, du fait de la baisse programmée du taux de couverture de 3 points environ, causée par l’augmentation des prestations de libre passage, ils risqueraient de devoir refinancer la CPEG par une baisse des prestations ! Au moment de la retraite, ils et elles recevraient encore moins, après les baisses cumulées de 17% déjà subies depuis 2012.
  • Rappelons aussi que les salarié·e·s de la Migros, de la caissière au directeur, paient toutes et tous une cotisation patronale de 1/3, l’employeur assumant les deux tiers. En outre, déjà aujourd’hui, les prestations de la CPEG sont pires que celles de la Caisse de pensions de la Migros ! En effet, un.e retraité.e de la Migros obtient 1,56% de son salaire pour chaque année d’assurance, alors qu’un.e retraité.e de la CPEG en obtient 1,5%.
    Pourquoi ce qui est possible pour les employé·e·s de la Migros – aussi à leur façon en première ligne lors de la pandémie – devrait être nié aux infirmières, mises sous une pression extrême, au plan physique et psychologique, pendant toute cette période marquée par la pandémie ?
  • Cette proposition indécente de la droite doit être mise à la corbeille par le Grand Conseil et, en cas d’approbation, elle doit être combattue par référendum et rejetée massivement en votation populaire.

Alberto Velasco, Christian Dandrès, Caroline Marti & Romolo Molo


[1] Babel et Ducret ont laissé décapitaliser la CIA, une des ancêtres de la CPEG, à 50%.

[2] Voir aussi https://www.infoalternativecpeg.org CPEG –DÉCLARATION du 16 mars 2019, p. 2.

[3] « En cas de maintien du système de primauté des prestations, il est vraisemblable que, dans quelques années, une nouvelle recapitalisation sera nécessaire en l’absence de réforme. »