Soutien aux intermittent-e-s au Conseil national

02 Déc 2020

(Intervention au Conseil national lors du débat sur la Loi COVID-19 du 1er décembre 2020. La proposition a malheureusement été refusée lors du vote.)

“En complément des propos de M. Bendahan, je voudrais revenir sur la proposition de sa minorité à l’article 17 alinéa 2, qui concerne les intermittents du spectacle et de l’audiovisuel, en précisant tout d’abord – et je crois que le décor a été planté tout à l’heure -, que la précarité n’est, évidemment, jamais un choix, ceci tout particulièrement dans le secteur de la culture, dont le fonctionnement, d’un point de vue structurel, repose sur des travailleurs qui enchaînent des contrats de durée déterminée auprès de multiples employeurs pour des productions qui sont données. Il n’y a, évidemment, presque pas d’emplois stables dans le domaine de la culture. 
Cette situation tout à fait particulière appelle donc une réponse spécifique. Et cette réponse, le Conseil fédéral l’avait en partie apportée en 2003 en instituant le statut d’intermittent dans l’ordonnance d’application de la loi sur l’assurance-chômage. 

Les associations qui représentent ces personnes ont travaillé sur une proposition qui vise, à la fois, à étendre le délai-cadre de cotisation et le délai-cadre d’indemnisation pour permettre, d’une part, à plus de personnes de pouvoir en bénéficier, et, d’autre part, de pouvoir en bénéficier plus longtemps. Cela doit permettre de tenir compte du fait que le secteur culturel a été à l’arrêt pendant plusieurs mois, et qu’il faudra du temps pour que tout cela reprenne. Les programmations sont également saisonnières. Cela ne va donc pas se faire dans les prochains mois. Il faudra probablement attendre le début de l’automne prochain. Sans ces mesures-là, les personnes vont sans doute quitter leur emploi. Il y aura une perte de savoir-faire extrêmement importante. 

Les propositions qui sont faites par le Conseil fédéral aujourd’hui ne sont pas suffisantes, parce qu’elles fonctionnent sur des bases sociales. Or ce qui est revendiqué là, ce sont de véritables droits. Sans ces mécanismes-là, nous ne pourrons pas soutenir la culture, il faut soutenir les personnes qui la font.”