Logement: Référendum contre la loi du MCG

24 Août 2021

La droite au Grand Conseil a voté une loi du MCG prévoyant que, pour demander un appartement à l’Office du logement, il faudra avoir résidé à Genève 4 ans (2 aujourd’hui) en continu durant les 8 dernières années. Les auteurs de la loi prétendent qu’ils soutiennent ainsi les Genevois.

Cette loi leurre la population, divise les locataires selon leur ancienneté à Genève, discrimine les Suisses et les Genevois qui reviennent après avoir vécu à l’étranger ou dans un autre canton.

La crise est toujours une réalité à Genève, malgré les nouveaux logements mis en location ou en vente. Le nombre de nouveaux logements bâtis par année a doublé depuis 5 ans, malgré cela les loyers augmentent. Les hausses se font surtout au changement de locataires. Elles sont d’autant plus fortes que la spéculation est importante sur le marché. Les immeubles se vendent trop cher, induisant des hausses de loyers et des congés pour relouer plus cher. L’augmentation des prix est toujours, pour finir, payée par les locataires. Les logements abordables disparaissent peu à peu et les habitant à faibles et moyens revenus sont exclu ou alors contraint à des sacrifices.

Environ 7000 personnes sont en attente auprès de l’Office du logement. Elles doivent patienter souvent plusieurs années.

La responsabilité de la droite dans cette crise est importante. Au lieu de soutenir et d’étendre la protection des locataires et la construction de logements bon marché, la droite veut que les propriétaires puissent augmenter leurs profits. Elle soutient les revendications des milieux immobiliers au niveau fédéral en tentant de réduire drastiquement la possibilité de contester un loyer abusif. A Genève, elle a déposé un projet de loi pour diminuer le nombre de logements sociaux au PAV (12934) et revenir sur le résultat de la votation populaire de 2018. Elle a réactivé le projet de loi de R. Zacharias qui signifierait le retour des congés-ventes (12278). Elle a rejeté le projet de loi de l’ASLOCA pour venir en aide aux locataires menacé de résiliation de bail en raison des conséquences de la crise sanitaire.

Les logements sociaux sont attribués aujourd’hui en priorité selon le critère du besoin. Celui ou celle qui est congédié de son logement est prioritaire – en droit suisse un locataire peut être expulsé après une résiliation même sans solution de relogement – de même que par exemples celui qui doit quitter le domicile familial (divorce) ou qui vit en famille dans un logement trop petit ou insalubre. Doubler la durée de résidence ne fera qu’aggraver la précarité du logement surtout pour les travailleurs et petits indépendants touchés par les conséquences de la crise sanitaire (des Suisse comme des résidents étranger).

Le MCG se trompe de cible. Pour aider les Genevois, il faut lutter contre la spéculation qui exclut de plus en plus de locataires et soutenir la construction de logements par le canton, les communes et les propriétaires sans but lucratif.

L’ASLOCA et une coalition d’organisations a donc lancé le référendum.

(Article à paraître dans le prochain numéro de Droit au logement, le journal de l’Asloca romande.)