Primes d’assurance-maladie: répondre aux besoins des patients plutôt qu’aux requins de la finance!

05 Oct 2023

Face aux hausses des primes LAMal, la majorité de droite aux Chambres fédérales fourbit ses solutions qui vont vers plus de restrictions pour les patient.es (réduire ou supprimer le libre choix du médecin, attacher l’assuré.e à sa caisse, etc). Aucune de ces propositions ne limite les profits des entreprises pharmaceutiques et des cliniques privées.

Au contraire, cette majorité politique vote des textes pour que celles-ci, propriétés de groupes cotés en bourses et investies par des multinationales du business de la santé, touchent plus d’argent de l’assurance-maladie et des cantons, au détriment du service public. De l’autre côté, elle soutient des projets inspirés du « modèle » états-unien de forfait tout au long de la vie. Résumé à gros traits : chaque patient.e se voit attribuer un budget de santé. Des soignant.es se sont mis en grève en Californie (fait rarissime) pour refuser que des patient.es ayant dépassé le forfait soient privé.es de soins. Ceci en dit long sur les risques du modèle.

Le débat parlementaire met de côté la question fondamentale : une assurance-maladie sociale doit répondre au besoin de toute la population sans discrimination.

Le financement antisocial par tête, voulu et défendu par la majorité parlementaire, lèse les classes populaire et moyenne et prive de soins une partie de la population. De l’autre côté de la chaîne, il permet aux employeurs et aux assuré.es les plus riches d’économiser massivement. Un.e employé.e de Migros avec son salaire de CHF 4’300.- par mois doit payer la même prime que M. SCHWAN, directeur de ROCHE, qui touche 15,1 millions par an.

19 milliards de paiements directs

Ce système contraint la population à se priver de soins ou à les payer. Près de la moitié des frais de santé ne sont pas remboursés. Il y a bien sûr le catalogue LAMal qui exclut les soins dentaires, mais il y a surtout le fait que les assuré.es doivent prendre des franchises élevées pour payer moins de prime. Les paiements directs des ménages représentent plus de 19 milliards de francs par an, soit presque l’équivalent des primes LAMal (25,4 milliards).

Le Parti socialiste propose, avec son initiative populaire, de plafonner les primes à 10% du revenu. Si elle était acceptée en votation, cette proposition serait un soulagement. On relèvera que Le Centre et l’UDC, qui s’auto-proclament défenseurs du pouvoir d’achat, refusent l’initiative et ont aussi rejeté au Parlement le contre-projet qui aurait permis aux Genevois.es d’obtenir de la Confédération 91 millions de francs par an de subsides supplémentaire !

Revendiquer un financement social

Il ne faut cependant pas en rester là et revendiquer un financement social sur le modèle de l’AVS, en faisant participer les assuré.es en proportion de leur revenu (on ne parle même pas ici d’inclure un aspect progressif comme pour l’impôt) et en incluant les employeurs. Les conditions de travail ont en effet un impact sur la santé.

Il serait possible couvrir l’intégralité des soins (cotisations LAMal et paiements directs par les ménages) moyennant une cotisation de 5,65 % pour l’assuré.e et 5,65% pour l’employeur. En se limitant au seul montant aujourd’hui pris en charge par la LAMal, la cotisation serait d’à peine 3,15%.

Article paru en octobre dans le journal de l’AVIVO Genève.